L’individualisme est une expression récente. Nos pères ne connaissaient que l’égoïsme.
Dans le dernier numéro de la revue flamande De Witte Raaf, G. van Oenen raconte l’histoire de squatters amstellodamois et, plus paticulièrement, les émeutes de 1980. Je traduis ci-dessous des extraits de ses conclusions:
La rencontre du ludique et de la résistance militante qui a eu lieu dans la capitale hollandaise en 1980 peut être considérée rétrospectivement comme les prémisses d’une évolution qui devient de plus en plus manifeste dans les années 80: il s’agit de la transition d’une culture progressiste d’émancipation vers une culture individualiste, libérale* et égoïste.
Les mouvements de protestation et les intellectuels de gauche, avec leur dénonciation indifférenciée des administrations communales, des spéculateurs, de la social-démocratie, de l’état, n’ont-ils pas ouvert la voie à la pensée libérale?
Emancipation plus poursuite de l’intérêt personnel par les squatters (le logement en l’occurrence) plus rejet de toute autorité: tout cela avec en prime la conviction que cela représente une critique de la société! Les squatters et les activistes sans le vouloir, sans même s’en apercevoir, ont gagné l’antichambre du libéralisme qui prône l’autonomie de l’individu et considère l’administration publique comme un mal nécessaire.
Les années 70 ont été une décennie de gauche, une époque des idéaux sociaux et de l’engagement social. Dans les années 80, par contre, le lien entre le personnel et le collectif disparaît. C’est le moment où M.Thatcher déclare: “la société n’ existe pas; il y a des hommes et des femmes, et il y a des familles”. Les années 80 ont été une époque de droite.
* Il serait plus adéquat de parler de “néoliberalisme”
Dans ce contexte, on peut consulter utilement le bref article: A.Sibley, Les excès de l’individualisme (2008), d’où la citation du titre de ce billet. Ici l’auteur fait remonter les origines de l’individualisme bien plus loin dans le temps.
SOURCE: G. van Oenen, Vrijstaat. Hoe Amsterdam in 1980 zijn onschuld verloor , De Witte Raaf, 141 (2009)
Tags: de Witte Raaf, individualisme, politique, van Oenen
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octobre 15, 2009 at 8:05
[...] κακό, με άλλα λόγια στο νεοφιλελευθερισμό.” Πηγές για το θέμα, εδώ [...]
octobre 15, 2009 at 10:03
Mais, en grec? :-)
octobre 15, 2009 at 10:22
En grec c’est encore pire. Essayez l’original en flamand; là on parle un peu plus chrétien ;-p
En fait le message est: trop d’individualisme tue l’individualisme!
octobre 16, 2009 at 10:59
Salut Herr K.
octobre 17, 2009 at 1:11
Oh, mais qui voilà!